Scèvole de Sainte-Marthe (1536 † 1623)

Gaucher II de Sainte Marthe

Nom qu'il changea en Scévole II (du latin scaevae qui signifie Gaucher)

Seigneur d’Estrepied, de Bausse, des Humeaux,de la Jallaitière et autres lieux

Né à Loudun le 2 février 1536 - Mort à Loudun le 29 Mars 1623

Fils de Louis de Sainte Marthe, seigneur du Chapeau et de la Rivière, et de Nicole le Fèvre de Bizai et d'estrepied, elle même fille de Guillaume Le Fèvre procureur du roi à Loudun, charge qui sera reprise par Louis.

Son père le conduit à 13 ans à Paris pour l'inscrire au collège des Cholets, il y noua de nombreuses relations et suivi les cours du collège de France.

 

Il ira ensuite à Poitiers poursuivre ses études en poésie et philosophie.

A 17 ans il publiait deux pièces en vers qui furent accueillies avec faveur. Ses parents, craignant que la poésie ne soit pas le moyen de la réussite, l'envoyèrent à Bourges, pour une formation en droit. Il y excellât mais, à l'issu de ses études, refuse une charge au parlement qui lui était proposée "préférant le silence du Parnasse au tumulte du palais".

Il revient à  Loudun. L'estime dont il jouissait et la notoriété de sa famille incitent la ville à le choisir pour mener une délégation vers Henri II et y traiter de questions importantes pour Loudun. Ce sera un succès.

Après Poitiers et Bourges, ce sera de nouveau Paris ou l'activité intellectuelle et littéraire se concentre. Il se lie avec Doret, Ronsard et de Baïf.

De retour à Loudun ses concitoyens le dépêchent à nouveau vers le nouveau Roi Charles IX qu'il accompagne à Rouen et assiste à la prise de la ville.

Le retour vers Loudun se fera par Bordeaux où il rencontre Michel de Montaigne.

 

A Loudun, il épouse le 11 Mars 1565 Renée de la Haye.

Leur union durera 50 ans et donnera naissance à de nombreux enfants aux carrières brillantes (en particulier les jumeaux  Gaucher et Louis, Historiographes du roi, auteurs d’œuvres colossales comme l"'histoire généalogique de la maison de France")

En 1571 il achète un office de Contrôleur général des finances à Poitiers et s'y installe.

En ces période troublées de la fin du règne de Charles IX, des guerres de religion et du massacre de la St Barthélemy, les habitants de Poitiers, dont la ville avait vu plusieurs de ses privilèges révoqués, dépêchent Scèvole auprès du nouveau roi Henri III. Reconnaissant de son intervention, Ils l'élisent maire et capitaine de la ville en 1579, fonction qu'il quitte en 1580 pour être nommé aussitôt par le Roi Trésorier en la généralité de Tours, puis Président des Trésoriers de France.

En 1584, il est chargé par ses collègues trésoriers de présenter au roi leurs "remontrances". Le roi dit-on déclara "n'avoir jamais pris tel plaisir à ouïr parler que par sa bouche et ajouta qu'il n'y avait pas d'édit qui put tenir contre une langue si bien disante."

En 1587, le duc de Joyeuse, favori d'Henri III, commandant les troupe royales se dirigeant vers la Guyenne et passant à proximité de Loudun et s'estimant gravement offensé par ses habitants avait décidé de traiter la ville en cité rebelle. Scèvole, qu'on alla chercher dit-on à Chandoiseau, s'achemina en toute hâte auprès du duc, qui le tenait en grande estime et parvint à sauver la ville du pillage qui lui était promis.

Loudun le proclama "père de la patrie",

Puis ce fut la ligue, la journée des barricades ou le duc de Guise entrait à Paris tandis que le roi se réfugiait à Chartres.

Scèvole, présent à Paris y restera comme il restera fidèle au roi malgré la pression des ligueurs.

​Il sera présent le 16 Octobre 1588 à Blois pour les états généraux, à la demande expresse du roi, et fut, de fait, au nombre des 505 députés "quoiqu'il n'y eut aucune qualité".

Il y pris la tête des défenseurs de la couronne, face au parti des Guise. Son éloquence fit le reste.

Le roi reconnaissant, l'envoya immédiatement à Poitiers ou les factieux avaient décidé de s’émanciper de la tutelle royale et même de refuser au roi d'entrer de la ville. Ses effort furent vains et Scévole fut contraint de quitter Poitiers et la maison qu'il y avait.

Scèvole resta "en exil" pendant Cinq ans à la cour ou il conseilla le roi qui quelques jours avant d'être assassiné envisageait de le nommer secrétaire ou ministre d'état

Le roi de Navarre succéda à son cousin sous le nom d'Henri IV que scèvole connaissait pour avoir favorisé son rapprochement avec Henri III. Il se rallia immédiatement à lui.

Il fut nommé contrôleur de l'armée navale à Blaye, puis intendant des finances dans l'armée du prince de Dombes, avant que lui soit confié la mission de ramener à l'autorité royale, la ville de Poitiers et le Poitou, ce qu'il réussit à faire.

Sur l'insistance du roi, il accepta d'être une nouvelle fois maire et capitaine de Poitiers, et pour l'en récompenser, le roi en personne vint faire son entrée solennelle dans la ville en 1662. Le discours  de scèvole enchanta le roi qui invitait les seigneurs qui l'entourait à "prêter l'oreille pour entendre l'homme le mieux disant de son royaume."

Il avait presque 80 ans lorsqu'il décida de retourner définitivement à Loudun. Il restait de longues heures dans sa "librairie", et recevait les nombreux visiteurs qui faisait le détours ou le voyage pour l'aller voir : Le duc des deux ponts, le prince de Bavière, le prince de Galles (qui deviendra Charles 1er), le duc de Buckingham

Cinq ans après son retour à Loudun, il rendit l’âme le 29 Mars 1623 à l'age de 87 ans. Son oraison funèbre fut prononcée par Urbain Grandier.

Son œuvre littéraire, menée tout au cours de sa vie, est d'une prolixité stupéfiante. et c'est son œuvre poétique qui lui a valu de traverser les siècles : Poésies Latines, aujourd'hui peu prisées, poésies Françaises, odes, épigrammes, élégies.

J'ai passé mon Printemps

 

"J'ai passé mon printemps, mon été, mon automne ;
"Voici le triste hiver qui vient finir mes voeux ;
"Déjà de mille vents le cerveau me bouillonne ;
"J'ai la face ridée et la neige aux cheveux.

"D'un pas douteux et lent, à trois pieds je chemine,
"Appuyant d'un bâton mes membres languissants,
"Mes reins n'en peuvent plus, et ma débile échine
"Se courbe peu à peu, sous le faix de mes ans.

"Une morne froideur sur mes nerfs épanchée
"Engourdit tous mes sens, désormais curieux,
"D'un glaçon endurci j'ai l'oreille bouchée,
"Et porte en un étui la force de mes yeux.

"Mais bien que la jeunesse en moi ne continue,
"Dieu, fais que mon amour me conserve le coeur !
"Autant que de mon sang la chaleur diminue,
"Daigne de mon esprit augmenter la vigueur.

"Que sert de prolonger une ingrate vieillesse,
"Pour regarder sans fruit la lumière du jour !
"Heureux, qui sans languir en si longue vieillesse,
"Retourne de bonne heure au céleste séjour !

On retiendra ses ouvrages en proses, (également fort nombreux)  dont "éloges des hommes illustres qui depuis un siècle ont fleuri en France" ou ce singulier ouvrage savant de pédiatrie, écrit pourtant en vers et en latin, ce qui n’empêcha pas son succès. Ce dernier ouvrage finit par être traduit en Français plusieurs années après sa mort par son petit fils Abel sous le titre là encore singulier "La manière de nourrir les enfans à la mamelle"

Les œuvres complètes de Scèvole viennent d'être rééditées par Jean Brunet (Cinq Volumes)

Enfin Scèvole laisse une correspondance très importante avec tous les "savants" de son temps mais également avec tous les membres de sa famille, enfants, oncles, neveux et cousins et notamment ceux de la branche de Chandoiseau.

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Léon Feugère, ''Étude sur Scèvole de Sainte-Marthe'', Paris, Jules Delalaix, 1853

Un chapitre est consacré à Scevole de Sainte-Marthe dans l'ouvrage de P de Longuemare'', Paris, Picard, 1902.

Scévole de Sainte Marthe - Wikipédia

Premières œuvres de Scévole de Sainte Marthe Gentilhomme Loudunais - Paris 1569

Academie des sciences et des arts, contenant les vies et les éloges des hommes illustre.... Tome 2 par Isaac Bullart - 1682 (Scévole de St Marthe et des proches)

Les œuvres de Scévole de Sainte Marthe - J. BLanchet - Poitiers 1600

Deux livres de poèmes. Un livre d'amours. Épigrammes. Sonnets meslez. Odes. Métamorphoses chrestiennes. Imitations

La manière de nourrir les enfans à la mammelle - Traduction d'un poeme Latin de Scévole de Sainte Marthe par Abel de Sainte Marthe Paris 1698 (en introduction la reproduction de l'éloge de scévole de Ste Marthe par Perrault de l'academie Françoise)

Eloge de Scévole de Sainte Marthe par Charles Perrault de l'academie Française - Les Hommes Illustres qui ont paru en France - T1 page 103 - La Haye 1736

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